Actus en Nouvelle-Aquitaine

Déménagements à la Maison de la Région à Limoges : Préserver les conditions de travail !

Après des mois de non-dits, la collectivité a enfin informé l’ensemble des agents dans le courant de l’été, de la décision de « réaménager, moderniser et réorganiser » les bâtiments ABCDF de la Maison de la Région à Limoges.

Derrière ces termes choisis, il y a l’abandon du bâtiment G (au 19 bd de la corderie) présenté comme « non réhabilitable, compte-tenu de ses carences techniques », et la réimplantation des collègues du Pôle développement économique et environnemental qui l’occupent, dans les autres bâtiments.


En clair, un bouleversement inédit qui va concerner tous les agents, avec de très lourdes conséquences sur les conditions de travail.

Ce que l’on sait du projet aujourd’hui


• Une forte densification :
les bâtiments ABCDF, où 400 agents sont déjà en poste, devront accueillir 35 % d’agents en plus : les 93 collègues implantés au Bât G ainsi que 48 nouveaux arrivants (soit 141 au total). On passerait de 11m2 de bureau en moyenne par agent aujourd’hui à 7 m2, voire moins, du fait de la transformation de certains bureaux actuels en espaces partagés (visios, convivialité,…). Les perspectives de densification sont encore plus fortes à l’avenir, puisque la capacité d’accueil de l’ensemble ABCDF est évaluée par la DG à 619 postes de travail (soit 5 m2/agent) ! On est très en dessous des recommandations en termes de santé au travail (10 à 11 m2/agent selon que le bureau est partagé ou non), voir à ce propos https://entreprendre.service-public.fr/vosdroits/F24505

• L’organisation des espaces n’est pas repensée en fonction des besoins  : seuls des aménagements a minima des bureaux existants sont prévus (connectique, mobilier, …), sans travaux. Les spécificités des postes ne sont pas prises en compte (télétravail, fréquence des déplacements, fréquence des temps de visio, travail sur dossier papier nécessitant plus d’espace,…etc). Il est quand même projeté la création de salles de visio et d’espaces de convivialité supplémentaires.

• Une mise en œuvre trop rapide : le déménagement par étape est envisagé à partir de janvier 2024. Pourquoi cette précipitation ?

• Et les parkings ? : 24 places en moins (avec l’abandon du parking sous-terrain du 19), mais le parking extérieur du 19 serait conservé. Il est aussi question de conditionner l’accès aux parkings pour les agents, comme c’est le cas à Poitiers et à Bordeaux, « par souci d’harmonisation » nous dit-on …

En l’état, ce projet est inacceptable.

Inacceptable sur le fond : Il va entraîner une dégradation des conditions de travail pour tous les agents

• Pas de réflexion préalable approfondie sur les nouvelles manières de travailler en présentiel et sur les besoins qui en découlent
• Pas de travaux prévus pour une meilleure organisation de l’espace
• Pas de prise en compte de l’organisation du travail, celle-ci devra s’adapter aux contraintes liées à la densification (schémas de service,…)
• Un projet conduit à marche forcée, l’enjeu principal semblant être de libérer au plus vite le bâtiment G - dont le caractère « non réhabilitable » n’est pas argumenté - afin de le mettre en vente.
• Concernant les parkings  : aucune réflexion sur les besoins en lien avec les enjeux du développement durable. Nous demandons depuis des années un plan de déplacement domicile/travail, facilitant le développement d’une offre alternative à la voiture individuelle facilement accessible, dans un territoire où l’offre de transport en commun est souvent inadaptée.

Inacceptable sur la méthode : une caricature de dialogue social !

Une simple information le 22 juin 2023, de la « Formation spécialisée » du CST, qui a remplacé les CHSCT et qui est compétente en matière de santé, sécurité et conditions de travail (SSCT), sur la base d’un document dense, non communiqué à l’avance, projeté à distance et difficilement lisible. Alors que nous demandions depuis près de 2 ans une concertation à la DG, suite aux rumeurs qui courraient sur un projet de déménagement …
• La promesse vague de groupes de travail à l’automne, avant la consultation formelle obligatoire de la Formation SSCT une fois que le projet sera bouclé et ne pourra plus être modifié.
• Cela nous paraît aussi symptomatique d’une culture du « non-dialogue social » de la part de notre employeur sur ces questions. Tout le monde devrait avoir conscience que le dialogue est essentiel dans la construction puis dans la réussite d’un projet de ce type qui va impacter tous les agents et le fonctionnement de tous les services.

Nous demandons donc

Un moratoire sur le projet de déménagement.
Une solution temporaire et bien adaptée aux besoins au sein des bâtiments ABCDF, pour les nouveaux agents affectés au Pôle Développement économique et environnemental, qui n’ont pas de place dans le bâtiment G.

Le moratoire doit permettre de donner tout le temps nécessaire pour aboutir à un projet concerté de réaménagement durable des locaux

Pour nous la 1ère étape indispensable est de remettre à plat le projet et d’organiser une concertation approfondie avec les représentant.e.s du personnel et avec chacune des directions afin de permettre une large expression des besoins des agents et du service, une prise en compte de l’organisation du travail, et de recourir si nécessaire à des expertises extérieures.

C’est maintenant qu’il faut réagir afin de ne pas se voir imposer des conditions de travail dégradées.

Une Assemblée Générale du personnel a été organisée par l’Intersyndicale -FSU, CGT, CFDT, FAFPT, UNSA, FO) des agents de la Région, le jeudi 28 septembre à 11h30, salle du Lac du Causse et en visio-conférence.

Elle a réuni plus de 150 agents. Une motion a été adoptée à l’unanimité. et adressée le 2 octobre au DGS de la Région.

En voici le texte : « Nous, agents en poste à la Maison de la Région à Limoges, réunis en assemblée générale le 28 septembre 2023,
• Exprimons nos plus vives inquiétudes devant le projet de densification des espaces de travail, qui en l’état, va peser très défavorablement sur l’exercice de nos missions et sur nos conditions de travail ;
• Exprimons également notre incompréhension sur la méthode avec laquelle est menée ce projet où la concertation ne semble être, jusqu’à présent, qu’une posture ;
• Ne comprenons pas pourquoi la Région se prive d’un bâtiment qui reçoit près de 100 personnes au moment même où elle doit accueillir de nouveaux agents ;
• Réclamons donc la suspension dès aujourd’hui de la mise en œuvre du projet ;
• Demandons la mise en place – sans attendre - d’une concertation approfondie avec les agents au sein de chaque Pôle et Direction et avec l’ensemble de l’encadrement présent sur le site au plus près du terrain, avant la finalisation du macro-zoning. Il s’agit de permettre la prise en compte de tous les besoins des agents et du service, avant de déterminer la superficie à attribuer à chaque Pôle et Direction ;
• Demandons en particulier :

  • La communication du diagnostic qui fonde l’intention de la Région de « libérer » le bâtiment G, bâtiment qui nous paraît tout à fait réhabilitable ;
  • La communication des diagnostics réalisés sur les autres bâtiments (ABCDF) et une évaluation des travaux nécessaires pour les mettre à niveau, les budgets alloués et le plan de programmation des travaux ;
  • Des données précises sur les superficies affectées aux bureaux des services, aux élus et cabinet, aux agences, aux espaces communs, aux circulations, aux locaux techniques, etc. ;
  • Des données précises sur le calcul de la capacité d’accueil des locaux (superficie / agent). En effet, des chiffres contradictoires ont été communiqués par l’administration depuis plusieurs mois ;
  • L’état de la réflexion de la collectivité sur les parkings et les mobilités domicile / travail ».

L’intersyndicale doit être reçue à Limoges, le 19 octobre par une délégation d’élus régionaux.

La FSU territoriale, premier syndicat à la Région Nouvelle-Aquitaine

POUR LE SERVICE PUBLIC FAIRE BARRAGE A L’EXTREME-DROITE

Depuis des années les gouvernements en place s’opposent à nos revendications et les politiques libérales mettent à mal (...)

Lycées / Siège : alerte sur l’emploi à la Région

En cette fin d’année scolaire, au moment où les choix budgétaires de la Région pour 2025 se préparent, la question des (...)

Pourquoi il faut battre l’extrême droite dans les urnes les 30 juin et 7 juillet ?

En tant qu’agent.es du service public, nous savons à quel point nos missions sont essentielles pour garantir (...)